Triste semaine pour le syndicalisme enseignant!

Mot de la présidente

Mot de la présidente

Nous voilà déjà rendus au congé des Fêtes, ou presque. Un congé fort bien mérité d’ailleurs, où il sera possible et nécessaire de reprendre un peu notre souffle dans cette course effrénée que nous avons amorcée au début de l’année scolaire. La tâche des enseignantes et enseignants du Québec me fait parfois penser au mythe d’Atlas portant le poids du monde sur ses épaules. À la longue, ça devient lourd, puisque chaque journée de travail contribue à en ajouter à cette immense charge que ces femmes et ces hommes subissent quotidiennement pour relever le défi de faire beaucoup avec peu. Peu de services, peu de soutien, peu d’écoute, mais beaucoup d’exigences, beaucoup d’attentes! Comme Atlas, c’est l’école que nous portons à bout de bras, sauf qu’il est plus que temps que ça change.

C’est dans ce contexte que la FSE-CSQ invite ses membres à s’unir et non à se déchirer. À s’appuyer et non à s’attaquer. À se solidariser et non à se diviser. Demeurons unis, et n’oublions pas que les employeurs ont plus besoin de nous que nous avons besoin d’eux. Notre force collective se multiplie dans les rouages fort efficaces du syndicalisme enseignant. La solution réside certainement dans notre capacité à se regrouper en donnant une image positive du syndicalisme québécois qui s’est bâti à partir de revendications légitimes portées avec conviction et respect. Nous proposons des solutions concrètes, des voies de passage réalistes, des moyens d’action qui changent les choses. Pour que la population soit derrière nous, nous devons être unis et crédibles.

Le mouvement syndical repose sur une démocratie qui laisse place aux opinions différentes. C’est sain d’avoir des échanges démocratiques permettant de faire valoir différents points de vue, et non toujours le même. Je salue ces capacités d’échange où chaque protagoniste enrichit la conversation. En cas de litiges, les tribunaux sont là pour trancher en offrant des garanties procédurales neutres, afin d’éviter d’exposer sur la place publique des divergences d’opinions qui doivent être traitées dans le respect et la rigueur.

La semaine dernière, le Syndicat de l’enseignement de la région de Québec (SERQ) a malheureusement fait mal au syndicalisme québécois en enfreignant sans scrupules les règles élémentaires de respect et de confidentialité pourtant requises dans le processus. Nous avons choisi de ne pas répliquer pour le moment, simplement parce que les enseignantes et enseignants ainsi que tous les syndiqués du Québec méritent mieux. Il n’est pas question d’alimenter un spectacle d’aussi mauvais goût et de participer à cette grotesque mascarade. Une seule version des faits a été offerte à la population. Nous présentons la nôtre à travers un processus judiciaire en cours qui nous a donné raison à chaque reprise jusqu’à maintenant en respectant les règles d’éthique qui nous gouvernent. 

Il doit quand même y avoir une bonne raison à cela, non? Les membres du SERQ ne sont pas pris en otage par la CSQ, puisque nous sommes disponibles pour leur offrir tous les services dont ils ont besoin, et ils sont présents à toutes nos réunions d’instance. Ce sont eux qui font des choix quant aux stratégies utilisées et aux informations véhiculées.

La FSE-CSQ continuera à défendre les intérêts de ses membres en pratiquant un syndicalisme fort et respectueux. J’ai la ferme conviction qu’avec des enseignantes et enseignants de tous les milieux, la FSE-CSQ demeure l’organisation à l’image de la profession enseignante. Je suis fière d’être enseignante, je suis fière d’être syndicaliste, je suis fière d’être la présidente de la FSE-CSQ.

 

Josée Scalabrini

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