Entrée progressive au préscolaire

L’entrée en maternelle constitue la première transition d’un jeune enfant dans le monde scolaire. Cette transition modifie considérablement la vie de l’enfant, et lui demande un effort d’adaptation important.

Actuellement, selon l’Entente nationale en vigueur, l’entrée progressive s’étend « sur trois jours pour les élèves du préscolaire en tenant compte des particularités de chacun des milieux ». L’Entente permet toutefois à une commission scolaire « de déterminer des modalités d’entrée progressive sur plus de trois jours ». Elle signale aussi qu’il n’y a aucune obligation d’entrée progressive dans les cas où le nombre d’élèves dans un groupe est exceptionnellement bas.

Alors qu’il était traditionnellement admis que la capacité d’adaptation dépendait des facultés cognitives de tout un chacun, nous savons maintenant, grâce à la recherche, que le contexte dans lequel une personne est placée a aussi un rôle à jouer.

Ces nouvelles données rendent essentielle la mise en place d’actions concertées pour que l’entrée au préscolaire de nos enfants génère le moins possible de peurs et d’anxiété dans leur vie.

La position de la FSE

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) est d’avis que le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) doit assurer au préscolaire une entrée progressive d’au moins cinq journées de classe pour les élèves de 4 et 5 ans. Cette mesure devrait être inscrite au régime pédagogique, car, comme le montre la recherche, le premier contact des enfants avec l’école est primordial et déterminant pour la suite de la scolarité.

Nous comprenons mal que, d’une part, l’on prône l’intervention préventive et que, d’autre part, l’on empêche d’offrir aux élèves qui commencent leur apprentissage une entrée plus personnalisée.

Les commissions scolaires allèguent souvent que la règle des 180 jours de classe (article 16 du régime pédagogique) empêche la mise en place de mesures d’accueil en début d’année au préscolaire.

Cependant, la Loi sur l’instruction publique les autorise à accorder aux écoles qui en font la demande une dérogation au régime pédagogique en vertu de l’article 222.

Dans ce contexte, la FSE, en collaboration avec l’Association d’éducation préscolaire du Québec (AEPQ), est toujours disponible pour soutenir les écoles qui choisissent de faire une demande de dérogation aux 180 jours de classe pour vivre une entrée progressive.