Gestion axée sur les résultats

L’adoption de la Loi sur les services de garde éducatifs à l’enfance, en 2002, et surtout celle de la Loi modifiant la Loi sur l’instruction publique et diverses dispositions législatives, en 2008, ont engendré l’instauration de nouvelles règles en matière de gouvernance scolaire : la gestion axée sur les résultats. Ces nouvelles règles de gestion ont eu un effet direct sur le travail des enseignantes et enseignants et, bien entendu, sur les conditions d’apprentissage des élèves.

De quoi parle-t-on ?

La gestion axée sur les résultats est un mode de gestion issu de l’entreprise privée. Elle consiste à évaluer la performance d’une entreprise à partir d’objectifs préétablis et mesurés concrètement à l’aide d’indicateurs chiffrés. Des objectifs globaux quantifiables sont établis pour l’entreprise, et sont par la suite divisés par département et répartis entre les membres du personnel. Ceux-ci sont ensuite évalués en fonction des résultats obtenus. La nouvelle gestion publique propose d’appliquer ce modèle aux services publics.

Comment ce mode de gestion est-il appliqué dans les écoles ? C’est simple. Les commissions scolaires doivent maintenant signer une convention de partenariat avec le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), dans laquelle des objectifs chiffrés sont fixés. Les commissions scolaires signent ensuite une convention de gestion et de réussite éducative avec chaque école, qui indique de quelle façon le personnel devra s’y prendre pour atteindre les objectifs chiffrés. En d’autres termes, le MELS fixe des objectifs, et le personnel des écoles doit trouver le moyen de les atteindre, sans nécessairement disposer de ressources additionnelles.

Dans certains pays où ce modèle est appliqué intégralement, on ferme parfois des écoles « sous-performantes » et on paye les enseignantes et enseignants en fonction des résultats de leurs élèves à des tests standardisés !

Implantée aux États-Unis et en Grande-Bretagne, la gestion axée sur les résultats a ouvert la porte à plusieurs dérives : la diminution des exigences, la préparation des élèves en fonction des examens, la diminution du curriculum qui n’est pas matière à évaluation nationale, la manipulation des résultats, la tricherie, etc.

La position de la FSE

La FSE s’oppose à cette vision comptable de l’éducation qui comporte plusieurs effets pervers. Pour nous, un élève, c’est bien plus qu’une statistique !

La gestion axée sur les résultats engendre une pression accrue sur les enseignantes et enseignants, et une compétition inutile entre ces derniers. En gérant les écoles de cette façon, c’est comme si l’on tenait pour acquis que le seul élément qui influe sur la réussite des élèves, c’est l’enseignante ou l’enseignant qui se trouve devant la classe. 

Dans le contexte actuel, comment peut-on demander à une enseignante ou à un enseignant, par exemple, d’augmenter de 10 % la diplomation de ses élèves, sans lui offrir des ressources additionnelles ?  

À la FSE, nous sommes d’avis que la réussite des élèves est une responsabilité collective, et qu’elle passe par l’amélioration des conditions d’enseignement, et non par l’imposition de cibles chiffrées à atteindre.

Plus bas, voyez deux excellentes vidéos produites par Marc-André Caron, membre du Syndicat de Champlain.